Journées du patrimoine à Ville-Saint-Jacques


« La République de Seine-et-Marne » titrait un numéro spécial « Journées du patrimoine en Île-de-France » et Ville-Saint-Jacques y figurait avec « les communs du château de la Brosse ».

En cette année 1998, ils reprenaient vie grâce à la participation d'amis et voisins : des « Ville-Saint-Jacques », faits sur place, s'alignaient dans la cave à fromage, les moules et les flés prêtés par les anciens du village côtoyaient des pots à lait de toutes époques et retrouvaient leur usage.

Dans la lingerie, on sentait bon le linge chaud et la lavande : le petit poêle, entouré de ses fers à repasser, avait repris du service, le charbon s'y consumait ; le panier à linge était plein, et sur la grande table des lingères, comme au temps des anciens, des lingères avaient retrouvé les gestes et le savoir faire du repassage. Elles avaient vingt, quarante ou soixante ans, nos lingères d'un jour !

Près de là, un mannequin de femme se coiffait devant sa table de toilette. La faïence de Montereau, les déshabillés de dentelle, les robes d'enfants, les bonnets de baptême, la robe de communiante, le gilet de marié, les chapeaux et les cannes avaient été sortis des placards et étaient exposés là, le temps de ces deux jours. Des amis avaient prêté certains de ces objets et avaient aidé avec enthousiasme et efficacité à leur préparation et leur présentation.

De l'autre côté de l'escalier, une partie du grand grenier nous montrait les dessoins faits sur les murs par les soldats de la 2e DB séjournant là au retour de Berchtesgaden. Des photos de l'époque évoquaient leur présence ; on y reconnaissait le cuisinier, le mécano, la Horch d'Hitler - elle était verte, paraît-il ! Dans une autre partie de la pièce, une collection de jeux d'enfants voisinait avec les souvenirs de guerre. Ainsi va la vie !

Dans l'orangerie, s'ouvrant sur le jardin potager, étaient évoquées les médailles d'or des Paupardin (Alexandre, 1880, et Casimir, 1900).

Ainsi se termine la visite, et si la présentation s'améliore, c'est grâce à la participation de nos enfants et amis ; l'an prochain, nous ferons mieux encore : la buanderie, le four à pain ?

D'après Élisabeth de Vigneral, La Coquille, n° 32, décembre 1998.