Le "tortillard" Montereau-Égreville
1888-1959


1888 : les débuts

Crée grâce aux efforts et à la tén acité du comte Louis de Ségur, conseiller général du canton de Lorrez, inaugurée en 1888, la ligne de chemin de fer à voie étroite d'intérêt local de Montereau à Château-Landon rendit de grands services aux communes traversées. Le voyage, effectué dans de vénérables voitures à couloirs et banquettes longitudinales, ne manquait pas de pittoresque : « Il nous faut repartir [de la gare de Voulx]. Le train, auquel on a ajouté deux wagons de betteraves, s'ébranle péniblement et côtoie, pendant quelques intants, le chemin de grande communication no 92. La voie fait un coude aigu à droite, juste à l'endroit où commence une montée rapide, si rapide même que le train s'arrête. La machine siffle, souffle, halète, lâche de la vapeur :peine perdue, le train ne peut démarrer. Il faut faire machine arrière et prendre un nouvel élan ; mais cette fois la montée est enlevée à toute vapeur et le mécanicien célèbre sa victoire à coups de sifflets stridents que répercutent les échos des petits boqueteaux que nous traversons. » (Paul Quesvers)

Entre Montereau et Égreville, la ligne desservait les stations suivantes :

1927-1946 : la modernisation

C'est en 1927 qu'apparaît la première automotrice entre Montereau et Égreville. En 1946, les locotracteurs remplacent progressivement la vapeur, qui ne suffisait pas toujours à faire grimper la côte. Des anciens se souviennent que, cette même année, un convoi dut, à deux reprises, redescendre en gare de Noisy-Ville-Saint-Jacques pour y laisser à chaque fois un wagon (heureusement pas de voyageurs !) avant de pouvoir gravir triomphalement la côte de Bellefontaine entre Noisy et Flagy !

1959 : la fin d'une époque

Le service voyageurs était désormais assuré exclusivement par des autorails. Mais le développement croissant de l'automobile menaçait de plus en plus la rentabilité de la ligne, dont la période de prospérité se situait avant 1914. C'est finalement la construction de l'autoroute du Sud qui, en sectionnant la voie près d'Égreville, accéléra la disparition complète de la ligne. Et c'est par un beau soir d'été que, le 31 août 1959, le "tortillard" entama son dernier voyage...

[D'après AHVOL, Promenade en Gâtinais, Voulx, 1982]

[Paul Quesvers, Itinéraire de Montereau à Château-Landon]