Sainte Geneviève

Latin : Genovefa ;
Italien : Genoveffa ;
Espagnol : Genoveva ;
Allemand : Genovefa.

Vierge, morte en 512. Fête le 3 janvier.


Contemporaine de Clovis et de saint Remi, Geneviève naît en 422 à Nanterre. À l'âge de sept ans, elle rencontre Germain, évêque d'Auxerre, et Loup, évêque de Troyes, qui faisaient halte dans cette bourgade avant de s'embarquer pour l'Angleterre pour y combattre, sur l'ordre du pape, l'hérésie de Pélage. La fillette est en prière dans l'église de Nanterre et Germain prophétise devant les parents de Geneviève le destin exceptionnel de l'enfant. Lorsque sa mère est frappée de cécité pour avoir donné un soufflet à Geneviève, celle-ci la guérit avec de l'eau qu'elle a bénie.

Geneviève promet à Germain de se consacrer au Christ, et, à quinze ans, elle reçoit le voile des vierges. À l'époque, en effet, il n'existait pas de monastères de femmes et celles qui souhaitaient se consacrer au Seigneur continuaient à vivre dans le monde, simplement distinguées par le voile de leur consécration. À la mort de ses parents, Geneviève vient habiter à Paris chez sa marraine. Elle vit dans le silence, la prière et la mortification, ne se nourrissant que deux fois par semaine. Elle est aussi favorisée de grâces extraordinaires, en lisant dans les consciences et en guérissant les corps au nom du Christ par des onctions d'huile.

Saint Germain la défend contre les calomnies. Geneviève fait construire la première basilique de Saint-Denis. Elle visite de nuit le chantier avec ses compagnes, quand le vent éteint le cierge qui éclairait le chemin du petit groupe. Geneviève prend le cierge, qui se rallume assitôt, et sa flamme résiste à toutes les bourrasques.

En 451, Attila franchit le Rhin et envahit la Gaule. Les Parisiens prennent peur et veulent fuir. Geneviève les convainc de demeurer dans la ville. Elle rassemble les femmes de Paris dans l'église-baptistère près de Notre-Dame et leur demande de supplier le Ciel d'épargner leur ville. C'est ce qui se produit. Abandonnant la route de Paris, les Huns se dirigent vers Orléans qu'ils assiègent. Contraints par les armées du général romain Aetius, ils se replient vers le nord et sont définitivement vaincus aux Champs Catalauniques. Plus tard, lorsque les Francs assiègent Paris, Geneviève sauve cette fois la ville de la famine. Elle organise une expédition ingénieuse au moyen de bateaux qui, par la Seine, vont chercher le ravitaillement jusqu'en Champagne. Sa réputation s'étend jusqu'en Orient. Clovis et Clotilde lui voueront une grande vénération. Elle sera enterrée auprès du roi dans l'église des Saints-Apôtres que sainte Clotilde avait fait construire et qui prendra dès le VIIe siècle le nom de Sainte-Geneviève.

Geneviève meurt en 512 à près de 90 ans. Son corps est transporté en 845 à Marizy par crainte des Normands et rapporté à Paris en 890. À partir du XIIe siècle, la châsse contenant ses reliques est portée en procession à travers Paris. Des miracles ont lieu sur son passage en particulier lors du mal des ardents. Ses reliques sont brûlées par les révolutionnaires en 1793, mais son tombeau vide, transporté dans l'église Saint-Étienne-du-Mont continue d'être vénéré.

Sainte Geneviève est la patronne de Paris, et des gendarmes.


Représentation :

Jusqu'au XVIe siècle, Geneviève est vêtue d'une robe de jeune fille noble, plus rarement de religieuse : elle tient à la main un cierge qu'un démon essaie d'éteindre, mais qu'un ange tient allumé (Belles Heures du duc de Berry, 1407-1408, New York, Cloisters). Dans une autre scène, elle rend la vue à sa mère.

Un changement radical intervient à la fin du XVe siècle : Geneviève devient alors une jeune bergère entourée de moutons ; sans doute l'a-t-on confondue avec Jeanne d'Arc enfant. Cette métamorphose peut aussi être rapprochée de la Vierge pastourelle, réplique féminine du Bon Pasteur, qui ne semble pas apparaître avant le XVIIe siècle. Elle est assise, une houlette à la main, entourée de son troupeau, au milieu d'un cromlech (école de Fontainebleau, église Saint-Merry à Paris). Hugo Van der Goes la montre avec un diable éteignant son cierge (XVe siècle, Vienne, Gemäldegalerie). Au XIXe siècle, Puvis de Chavannes consacre un cycle à l'enfance de Geneviève (1874, Panthéon, ancienne église Sainte-Geneviève à Paris).


Bibliographie :

[Le livre des bannières, Association pour le XVe centenaire de la France, 1996]

[G. Duchet-Suchaux, M. Pastoureau, La Bible et les saints, guide iconographique, Flammarion, Paris, 1994]




Retour à la "Petite litanie des saints"  |  Page d'accueil