Sainte Colette de Corbie

Réformatrice des Clarisses, née le 13 janvier 1381 à Corbie, en Picardie, morte à Gand le 6 mars 1447. Son père, Robert Boellet, était le charpentier de la célèbre abbaye bénédictine de Corbie ; sa mère s'appelait Marguerite Moyon.

À l'âge de dix-huit ans, Colette perd ses parents et veut embrasser la vie religieuse. Elle entre successivement chez les Béguines, les Bénédictines, les Clarisses Urbanistes, mais elle quitte tous ces ordres dont les règles lui semblent trop douces. Elle vit ensuite trois ans en recluse.

Ayant résolu de réformer les Clarisses, elle s'adresse l'antipape Benoît XIII (Pedro de Luna) que la France reconnaissait alors comme pape légitime. Celui-ci l'autorisa à entrer dans l'ordre des Clarisses et, par plusieurs bulles datées de 1406, 1407, 1408 et 1412, l'établit supérieure générale de tous les couvents qu'elle fonderait ou réformerait.

Avec l'appui de la comtesse de Genève et du franciscain Henri de la Beaume, son confesseur et guide spirituel, Colette commença son oeuvre à Beaume, dans le diocèse de Genève. Elle n'y resta que peu de temps et ouvrit bientôt son premier couvent à Besançon dans une maison de Clarisses Urbanistes presque abandonnée. De là, sa réforme s'étendit à Auxonne (1410), Gand (1412), Poligny (1415), Heidelberg (1444), Amiens, etc. Elle fonda dix-sept couvents, auxquels il faut en ajouter un autre commencé à Pont-à-Mousson en Lorraine.

Elle inaugura également une réforme chez les frères franciscains (les Colétans), à ne pas confondre avec les Observants. Ces Colétans restèrent soumis à l'autorité du provincial des monastères franciscains, et n'atteignirent jamais une grande importance, même en France. En 1448, ils n'avaient que treize monastères, et, avec d'autres petites branches de l'ordre franciscain, ils furent supprimés en 1417 par Léon X.

Outre la règle stricte des Clarisses, les Colettines suivent leurs constitutions spéciales, sanctionnées en 1434 par le Général des Franciscains, Guillaume de Casale, approuvées en 1448 par Nicolas V, en 1458 par Pie II et en 1482 par Sixte IV.

Sainte Colette fut béatifiée le 23 janvier 1740 et canonisée le 24 mai 1807. C'était une femme non seulement animée d'une piété sincère, mais aussi intelligente et énergique. Elle exerça une autorité morale remarquable sur ses compagnes. Elle était très austère. Aux couvents qu'elle réforma, elle prescrivit une extrême pauvreté, l'observance du jeûne et de l'abstinence perpétuels. On trouve aujourd'hui des soeurs colettines, en dehors de la France, en Belgique, en Allemagne, en Espagne, en Angleterre et aux États-Unis.

Michael Bihl - Traduction française : Damien Jullemier - Version anglaise - English version

© The Catholic Encyclopedia, 1913. New Advent Catholic Supersite, 1996.

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