Sainte Anne

Latin : Anna ;
Allemand : Ann ;
Anglais : Ann, Anna, Nancy ;
Espagnol : Ana ;
Italien : Anna.

Mère de Marie. Fête le 26 juillet en Occident, le 25 juillet en Orient.


Anne et Joachim, parents de Marie

La mère de la Vierge Marie était de la tribu de Juda et de la lignée royale de David. Anne et Joachim, son époux, lui aussi de la tribu de Juda, étaient riches et possédaient de grands troupeaux. Ils menaient une vie sainte, mais malgré leurs prières ferventes, n'avaient malheureusement pas d'enfant. C'était pour les Juifs la pire des malédictions et elle valut à Joachin de voir refusée l'offrande qu'il portait au temple. Enfin, après bien des prières et des humiliations, ils sont exaucés : Marie, mère de Dieu est conçue et sa conception est immaculée.

Tradition

Aucun texte du Nouveau testament ne mentionne le nom d'Anne. Elle apparaît pour la première fois dans le Protévangile de Jacques, évangile apocryphe du IIe siècle de notre ère. Les circonstances de sa maternité tardive sont empruntées à l'Ancien Testament et à l'histoire d'Anne, mère de Samuel (1 S 2, 11). Une scène de sa vie légendaire est la rencontre miraculeuse d'Anne et de son futur mari Joachim à la Porte dorée, à Jérusalem.

Sainte Anne est honorée en Orient dès le Ve siècle où l'empereur Justinien élève une basilique en son honneur. En Occident, la dévotion à sainte Anne semble avoir pris son essor à l'époque des croisades. Son culte est reconnu par Urbain VI en 1382. Sa fête sera successivement supprimée par saint Pie V, puis rétablie par Grégoire XIII, déclarée fête chômée par Grégoire XV, puis réduite au rite de 2e classe par Léon XIII. Enfin, c'est Paul VI qui fusionne la fête de sainte Anne avec les deux fêtes que possédait jusque-là saint Joachim le 20 mars et le 16 août.

Apt et Auray

On vénère dans l'ancienne cathédrale d'Apt une partie du corps de sainte Anne. D'après la tradition, le corps de sainte Anne aurait été apporté d'Orient à Marseille ou en Arles à l'époque gallo-romaine, confié à un évêque d'Apt par une religieuse, caché au temps des invasions et retrouvé sous le règne de Charlemagne. Une grande partie des reliques de sainte Anne maintenant dispersées proviennent d'Apt.

Mais nulle part au monde sainte Anne n'est honorée comme en Bretagne où, de 1623 à 1625, elle apparaît à Yves Nicolazic de Keranna, près d'Auray.

Représentations

Anne, dans un jardin, envie la fécondité d'un couple de passereaux dans le feuillage d'un laurier. Un ange lui annonce qu'elle enfantera une fille, Marie.

Joachim arrive à cheval à la Porte dorée (linteau de la porte Sainte-Anne, Notre-Dame de Paris, XIIIe siècle). Au XIVe siècle, Giotto peint le baiser des époux (La Rencontre à la Porte d'or, 1304-1306, chapelle de l'Arena à Padoue).

À partir de la fin du XIVe siècle, le thème de la rencontre des époux et de leur baiser est remplacé par le nouveau symbole de l'Immaculée Conception, évoquée par la Vierge des litanies descendant du ciel.

Anne est souvent représentée avec Marie enfant dans ses bras, ou l'instruisant dans l'art de lire ou de coudre (école de Caravage, début XVIIe siècle, Rome, galerie Spada). Ainsi est-elle la patronne de l'éducation chrétienne et des libraires.

Anne figure enfin dans différentes scènes de la vie de Marie. Léonard de Vinci peint Marie dans le giron de sainte Anne (La Vierge, l'Enfant et sainte Anne, 1510, Paris, Louvre).

Quelques exemples d'iconographie de sainte Anne.

Attributs

Lis. Livre ouvert (dans les scènes de l'éducation de Marie)

Bibliographie

[G. Duchet-Suchaux, M. Pastoureau, La Bible et les saints, guide iconographique, Flammarion, Paris, 1994]

[Le livre des bannières, Association pour le XVe centenaire de la France, 1996]


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