Saint Vincent de Saragosse


Latin : Vincentius ;
italien : Vincenzo ;
espagnol : Vicente ;
anglais : Vincent ;
allemand : Vinzenz.
Diacre et martyr. Mort en 304 (date traditionnelle). Fête le 22 janvier.


Né à Huesca, en Espagne, au IIIe siècle, Vincent est ordonné diacre par Valère, l'évêque de Saragosse, qui figure au nombre des membres du concile d'Elvire (entre 300 et 330).

Âgé et parlant difficilement, l'évêque charge Vincent, qui, lui, se montre brillant orateur, de le suppléer dans le ministère de la parole. Ces fonctions le mettent en vedette, si bien qu'il est parmi les premiers à être arrêtés avec son évêque lorsque s'ouvre en 304 la persécution de Dioclétien. On les conduit chargés de chaînes devant Dacien, "gouverneur" de la province. Celui-ci interroge Valère et cherche à l'intimider. Le vieil évêque bredouille quelques mots, puis reste court. Dacien commence à jubiler en voyant dans ce silence une promesse d'apostasie. Mais Vincent vient au secours de l'infirmité de Valère et professe en son nom et au nom de l'évêque leur foi chrétienne. Furieux de cette intervention, Dacien le fait horriblement torturer : il est successivement déchiré par des ongles de fer sur un chevalet, puis rôti sur un gril. Vincent résiste fermement et persiste à confesser sa foi en chantant des psaumes sous la torture. Couvert de plaies, le corps disloqué et brûlé, il est jeté en prison où il rest couché sur des tessons de verre. Ramené le lendemain en présence de Dacien, il expire sans avoir donné de signe de défaillance. Après sa mort, son corps est exposé dans un lieu sauvage, mais un corbeau le défend contre un grand loup. Dacien le fait jeter à la mer, une pierre de meule au cou, et il est ramené miraculeusement au rivage.

Au cours des années 304 et 305, plus d'un millier de chrétiens périront en Espagne sous la torture. La légende de Vincent a été rapportée en premier lieu par le poète Prudence (348-v. 415) dans sa couronne des martyrs. Son culte s'étendait à la totalité de l'empire romain dès l'époque de saint Augustin (354-430).


Les vignerons n'ont point encore, même aujourd'hui, délaissé leur saint Vincent. Les images le représentent, en diacre, avec les divers attributs rappelant les circonstances de son martyre : le gril, les charbons ardents, les ongles de fer, la barque, la meule attachée à son cou, le corbeau qui garda son corps sur le rivage du cap Saint-Vincent.

Ces images font aussi de leur saint un vigneron : elles le reçoivent maître dans la corporation, elles lui donnent la serpette qui taille les sarments ; elles placent à côté de lui les tonneaux, la hotte, le broc à goûter le vin ; elles l'enguirlandent de pampres et de raisins, raisins rouges et raisins d'or.

Deux exemples d'iconographie de saint Vincent :


Lire aussi : Chants et danses des vignerons de Gouaix à la Saint-Vincent.
Dictons :

  1. A la Saint-Thomas, du pas d'un tât (lézard)
    A l'an neuf, du pas d'un boeuf
    Aux rois, du pas d'une oie
    A la Saint-Hilaire (13/01), d'une heure de bergère
    A la Saint-Antoine, du repas d'un moine
    A la Saint-Vincent, d'une heure grand
    Au nouvel an, les jours croissent du pas d'un sergent.
  2. A la Saint-Vincent cesse la pluie et vient le vent.
  3. A la Saint-Vincent, clair et beau, autant de vin que d'eau.
  4. A la Saint-Vincent, claire journée vous annonce bonne année.
  5. A la Saint-Vincent, la sève monte dans les sarments.
  6. A la Saint-Vincent, le jour croît d'une heure grand.
  7. A la Saint-Vincent, l'hiver quitte ou reprend (ou : A la Saint-Vincent, l'hiver se reprend, ou se rompt la dent)
  8. A la Saint-Vincent, le vin monte dans les sarments.
  9. A la Saint-Vincent, petit bonhomme, mets ta serpe dans le sarment
  10. A la Saint-Vincent, tout dégèle ou tout fend.
  11. A la Saint-Vincent, tout gèle ou tout fend, l'hiver se reprend ou se rompt les dents.
  12. Le jour de la Saint-Vincent si le soleil luit grand comme un drapeau, on aura du vin plein le tonneau.
  13. Saint-Vincent clair et beau plus de vin que d'eau.
  14. Si le jour de la Saint-Vincent le soleil est clairvoyant, il y aura beaucoup de jus au sarment
  15. S'il pleut à la Saint-Vincent, le vin monte au sarment ; Quand il gèle, il en descend.

Bibliographie :

[Le livre des bannières, Association pour le XVe centenaire de la France, 1996]

[G. Duchet-Suchaux, M. Pastoureau, La Bible et les saints, guide iconographique, Flammarion, 1994]



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