Saint Dominique


Latin : Dominicus ;
Allemand : Dominikus ;
Italien : Domenico ;
Espagnol : Domingo.

Saint, fondateur de l'ordre des frères prêcheurs. Mort en 1221. Fête, en France, le 8 août.

Dominique de Guzman est né en 1170 au château de Caleruega près de Silos en Vieille-Castille, de Félix de Guzman et Jeanne d'Asa qui sera béatifiée par l'Église. L'enfant reçoit le nom de Dominique en l'honneur du saint abbé de l'abbaye voisine de Silos, mort un siècle auparavant. Devenu de bonne heure chanoine d'Osma, Dominique accompagne son évêque Diego dans ses voyages. Il se rend à plusieurs reprises en Languedoc et constate les dégâts causés par l'hérésie cathare. À Rome, où Diego et Dominique viennent demander à Innocent III d'approuver l'inspiration qu'ils avaient eue d'aller évangéliser les Cumans d'Ukraine, ils reçoivent l'ordre du pape d'assister les cisterciens qui tentent en vain de rechristianiser les albigeois.

Dès 1206, Dominique fonde à Prouille un monastère destiné à accueillir les jeunes filles tentées par les « maisons des parfaites » et qui constituera le noyau des futures dominicaines. À la mort de son évêque, Dominique prend la tête de la mission et, assuré du concours de quelques prêtres instruits, développe un œuvre de prédication et de pénitence. Ensemble, ils organisent des débats contradictoires avec les cathares qui durent parfois plusieurs jours, s'imposent une vie austère qui contraste avec le faste des légats pontificaux. L'apostolat de Dominique parmi les Cathares et les Albigeois échoue.

Mais le jeune ordre reçoit l'approbation de l'évêque de Toulouse, puis celle d'Innocent III que Dominique va trouver à Rome où avait lieu le IVe concile du Latran. À la mort d'Innocent III en 1216, son successeur, Honorius III confirme le nouvel institut et le premier couvent s'ouvre à Rome. En 1219, Dominique prêche le Carême à Toulouse, puis part à Paris afin d'installer un couvent de ses religieux rue Saint-Jacques, d'où leur surnom de « Jacobins ».

Dominique retourne en Italie et se fixe à Bologne. C'est là qu'il meurt le 6 août 1221. Le 3 juillet 1234, le pape Grégoire IX le canonise et fait lever son corps de terre afin de l'exposer à la vénération des fidèles. L'effort intellectuel que Dominique demandait à ses frères porte bientôt ses fruits. À sa mort, on dénombrait à peine 25 docteurs en théologie dans toute l'Europe ; cinquante ans après, l'ordre en comptait environ 700... Bien que n'ayant jamais été aussi populaire que saint François d'Assise, il était vénéré dans toute l'Italie, en Espagne et dans le sud de la France.

Le successeur de Dominique, Jourdain de Saxe, raconte que, enceinte, sa mère rêve qu'elle donne naissance à un petit chien tenant dans sa gueule une torche allumée avec laquelle il embrasait le monde entier. Ce chien porteur de torche deviendra le symbole de l'ordre que fondera Dominique et donnera lieu à un jeu de mots sur dominicanes (« chiens du seigneur » ou « dominicains »).

De nombreux miracles furent en outre attribués au saint durant sa prédication, notamment la résurrection d'un jeune homme mort d'une chute de cheval et le sauvetage de pèlerins qui allaient se noyer en tentant de traverser la Garonne pour se rendre à Saint-Jacques-de-Compostelle.


Représentations :

Saint Dominique est presque toujours revêtu de l'habit dominicain : robe blanche et manteau noir. Une étoile brille sur son front ou au dessus de sa tête. Un chien est parfois à ses côtés.

Les principaux événements de sa vie ont tous engendré des images nombreuses et variées :

S'y ajoutent plusieurs scènes légendaires :

Attributs : Habit de Dominicain. Lis. Chien tacheté. Étoile. Livre.

Quelques exemples d'iconographie de saint Dominique


Bibliographie :

[Le livre des bannières, Association pour le XVe centenaire de la France, 1996]

[G. Duchet-Suchaux, M. Pastoureau, La Bible et les saints, guide iconographique, Flammarion, Paris, 1994]



Retour à la "Petite litanie des saints"  |  Page d'accueil