Mathurin Le Hors


Botaniste des îles St-Pierre et Miquelon, né à Meslan (Morbihan) en 1886, mort à Saint-Pierre en 1952.

Ce modeste ingénieur électricien qui à ses heures était un botaniste passionné n'a pas atteint la notoriété par des publications scientifiques. Tout juste a-t-il laissé son nom dans le Gray's Manual à une variété d'Habenaria orbiculata créée par Fernald.

Il mérite cependant de ne pas rester dans l'oubli parce que dans la petite histoire de la botanique aux îles St-Pierre et Miquelon il a su par ses patientes recherches floristiques pendant près de 40 ans travailler au recensement des espèces végétales du Groupe en y ajoutant par d'heureuses trouvailles de nombreuses entités d'un rare intérêt.

A côté de Bachelot de la Pylaie (1786-1856), d'Alphonse Gautier (1834-?), du docteur Delamare, médecin de Miquelon 1835-1888), du Frère Louis-Arsène, (1875), Mathurin Le Hors prend place parmi les prospecteurs du petit archipel franco-terreneuvien: français par sa population et son allégeance politique, terreneuvien par son climat et son histoire naturelle.

Si ce n'était un geste de profonde amitié, ce serait une dette de reconnaissance pour moi d'esquisser la notice biographique de celui qui m'initia à la connaissance de la flore de ces îles et qui fut mon compagnon ardent et infatigable dans le nombreuses randonnées à travers tourbières et mornes de l'archipel.

Six années après le départ du Frère Louis-Arsène un jeune breton né à Meslan (1886) département du Morbihan, France, ancien élève du collège des Jésuites de Vannes, arrivait à Saint-Pierre, muni de ses diplômes afin de prendre la direction de l'enseignement libre, l'exil des Frères de Ploërmel ayant laissé l'école communale seule maîtresse de l'instruction des grands garçons. Non sans difficultés ni mesquineries de la part de certains fonctionnaires, Mathurin Le Hors était autorisé le 29 avril 1909 à ouvrir à Saint-Pierre un établissement secondaire, le collège Saint-Christophe, patronné par Mgr Légasse, qui fut, avant d'être évêque de Périgueux et d'Oran, préfet apostolique des îles St-Pierre et Miquelon de 1899 à 1912.

À ses heures de loisir, avec des moyens de fortune le jeune professeur s'initia à la connaissance de la flore de son pays d'adoption. Il faisait partager son goût pour les sciences par ses associés ou quelques-uns de ces élèves. Dans ses tournées à la « Montagne » - ce terme saint-pierrais qui signifie tout morne ou toute partie de la campagne située en dehors de la ville - il collectionnait, avec ardeur, et peu à peu acquérait cette riche expérience du terrain.

Le Hors resta dix ans directeur du collège, jusqu'à la fin de la première guerre mondiale au cours de laquelle il avait pu rendre à l'administration locale de précieux services.

À l'époque où sévissait la grippe espagnole dans la colonie, Mathurin Le Hors entrait comme ingénieur électricien au « Câble français ». Cet office dut fermer ses portes en 1929 lorsqu'un tremblement sous-marin sectionna des câbles sur une longue distance. Il n'y était demeuré qu'un an. Ce fut la Western Union, appelée là-bas « Câble anglais » qui occupa sa carrière jusqu'à sa retraite. Il y fit preuve de haute compétence et d'une grande conscience professionnelle. En 1923-1924, il était à Canso (Nouvelle-Écosse) pour y remplir les mêmes fonctions. Après un rapide voyage en France il revenait à Saint-Pierre pour continuer dans la même maison sa tâche quotidienne.

Dans le but de contribuer à l'Exposition Coloniale de Vincennes (1931) l'administration locale lui demanda de constituer un herbier des îles Saint-Pierre et Miquelon. Il se prêta de bonne grâce à ce travail qui bien conçu, bien présenté, figura longtemps dans le laboratoire de M. Auguste Chevalier, membre de l'Institut et célèbre agronome colonial.

Cette même année Le Hors publiait un étude intéressante dans la Revue de Botanique Appliquée (bulletin 120) sur « la flore utilisable de Saint-Pierre et Miquelon », dans laquelle, en judicieux jardinier et fleuriste qu'il était il donnait d'excellents détails sur la culture des légumes et des plantes ornementales dans la colonie, pendant la période si courte laissée par le climat excessivement contrariant et capricieux soumis aux jeux continuels de la brume et du vent. Ces travaux valurent à leur auteur d'être promu chevalier du Mérite Agricole.

C'est surtout à partir de 1929 que Mathurin Le Hors voulant dépasser le stade de simple amateur entra par une correspondance coupée il est vrai, par de longs intervalles, en relation scientifique avec le Frère Louis-Arsène qui, fin et précis connaisseur, ayant enseigné à Saint-Pierre et exploré le pays entre 1899 et 1903 (130 herborisations), venait de publier sous les auspices de Fernald, au Gray Herbarium, une importante contribution sur les îles dans Rhodora : 487 espèces cataloguées, dont 391 indigènes et 96 introduites. Cette correspondance si précieuse avec échange de vues continua jusqu'en 1940. Interrompue par l'occupation allemande, elle reprit plus au ralenti après la libération.

Au cours d'un voyage en France (nov. 1947) les deux amis se rencontraient pour la première fois. Ensemble ils décidèrent de préparer une nouvelle contribution qui parut aussi dans Rhodora (1947). Cette étude consignait les nouveautés de Mathurin Le Hors (avec les miennes en collaboration). Elle ajoutait 150 espèces à liste déjà connue, ce qui portait le total des Phanérogames à 637 espèces dont 515 indigènes et 122 introduites.

Le Hors fut avant tout un botaniste de plein air. Lorsque sa profession lui laissait des loisirs, il s'offrait de longues « virées » selon son expression. Chaussé de bottes en caoutchouc, muni d'un flacon antimoustique, d'un petit cognac pour les coups durs, il n'hésitait pas à s'enfoncer seul à travers la forêt naine, les immenses savanes tourbeuses, humides, du sud de Langlade qui fut son fief préféré parce que moins battu par les anciens chercheurs. A 60 ans, il avait une résistance physique qui eut découragé bien des jeunes. Il arrivait le soir, fourbu, mais dans son sac en toile voisinaient pêle-mêle des plantes intéressantes qui feraient les délices des veillées d'un long hiver. Dans un pays où la flore débute seulement au mois de mai avec les myriades de Coptis dans les bruyères d'Empétracées pour finir en septembre avec les houppes de Pimprenelles, la flèche d'or des Solidages, les bouquets violacés des Asters, il faut se hâter. Dès que le Gratteur qui est le Pinson fauve (Paseserella iliaca Merrem.) chante le soir d'une voix flûtée sur la cîme des Sapins Baumiers dans la montagne, il ne faut pas perdre une semaine, car la nature elle, n'attend pas, même et surtout, quand la brume retarde la floraison. C'est cet amour des plantes vivantes qui portait Le Hors à se méfier avec excès peut-être, des morcellements en formes et en variétés proposées par les laboratoires.

Ce n'est pas sans mélancolie que je me remémore ces anciennes herborisations en sa compagnie. D'ordinaire, il marchait devant, le regard attentif, en suivant les sentiers de chasseurs qui sillonnent le pays et qu'il faut bien connaître pour ne pas s'égarer. Une des promenades favorites de Mathurin Le Hors était la route de l'anse à Pierre. On s'y rendait souvent parce que les câbles transatlantiques dont il avait la charge, après leur atterrissage dans la rade de Saint-Pierre et venant de Terre-Neuve par la presqu'île d'Avalon traversent toute l'île pour replonger dans la Baie et partir dans la direction de Canso en Nouvelle-Écosse.

En cours de montée, éparse dans la pierraille rhyolitique teintée de Lichens, la flore arctique-alpine s'offrait à chaque pas: Loiseleuria procumbens, Diapensia lapponica, Arctostaphilos alpina, Juncus trifidus. Et partout entre les roches le splendide tapis rose et doré tour à tour des Sphaignes spongieuses et des Camarines enchevêtrées, tandis que devant nous soudain, à travers la dentelure des mornes, apparaissait la pénéplaine tabulaire de Langlade.

Plus tard, c'était la Belle-Rivière avec ses prairies couvertes d'Houstonias bleues, sa pittoresque vallée, bruissante du chant des Pinsons et des Mésanges, les bois de Tête Pelée, les Graves, le Petit Barachois, l'isthme de Langlade avec la vieille ferme Larranaga en bardeaux gris comme défendue à l'entrée par une statue en bois, vieille proue d'un de ces nombreux voiliers qui firent naufrage au « cimetière des navires », non loin dans le sable. Au déjeuner, invariablement, le dessert était ces Fraises sauvages, servies à la crème, si abondantes dans les Ammophiles des Buttereaux.

L'été, si bref, souvent brumeux, nous réservait à Miquelon les excursions favorites: la presqu'île du Cap et la Grande Montagne. La Grande Montagne qui est le point culminant de l'archipel ne dépasse pas en réalité 265 mètres d'altitude, mais de là tout Miquelon se précise: immenses tourbières dans lesquelles des buissons de conifères couleur émeraude sertissent des étangs bleus, étang aux Outardes qui recueille les eaux de la région centrale, étang aux Goélands, au pied d'un morne en pain de sucre un peu penché vers l'ouest, plus loin les sommets de la pointe au Cheval, en croupes plus ou moins arrondies, Au-delà du morne de la Presqu'île étincelle la nappe du Grand Barachois, domaine des phoques que prolonge en flèche de sable blond l'isthme de Langlade. Alentour le morne de la Montée, celui de Sylvain dominant une pittoresque vallécule, les bois sombres de Belliveau, la vallée du Renard et dans la direction du bourg de Miquelon, vers le nord, le grand étang de Mirande dominé par la silhouette solitaire du Chapeau. De toute parts, une infinité d'étangs constellent les plaines tourbeuses où se cachent la Bécassine de Wilson dans les Carex épais et la Truite dans les canaux.

Nul mieux que Le Hors connaissait ce pays: Saint-Pierre et Miquelon c'est celà: mornes cahotiques, arides, couverts de végétation courte, de marais riches en Orchidées sphagnicoles: Calopogons graciles, Aréthuses bulbeuses, Pogonias mauves, en Cypéracées multiples trahies par la houppe neigeuse des Linaigrettes.

L'herbier que Mathurin Le Hors avait constitué au cours de ses randonnées, s'il n'était pas toujours dans un ordre parfait contenait souvent en vrac de réelles richesses documentaires. Aussi se plaignait-il avec raison lorsqu'il voyait arriver dans la colonie de jeunes fonctionnaires qui au bout de quelques mois voulaient écrire des compte rendus sur l'Histoire Naturelles des îles. « Il y a ici un agronome qui a commencé un rapport sur la flore, la géologie, la faune du pays. Pour la flore, il s'est basé sur Delamare, sans avoir vu une seule plante. Finalement il est venu me trouver et je lui ai passé quelques notes, mais il n'a pas eu la curiosité de venir voir ma collection (Lettre du 26.2. 1948).

Et cependant quelle valeur documentaire avait-elle, cette collection ! Elle était le résumé de tant d'herborisations, de tant d'observations. Le Hors, minutieux, le regard aigu, discernait au passage dans le fouillis herbeux l'espèce qui lui manquait. Il avait à un très haut degré le don de l'observation et le souci du détail. On lui doit d'avoir pu mener très loin l'inventaire phanérogamique de l'archipel. Sur le terrain, il avait une prédilection marquée pour les Cypéracées: 26 espèces ou variétés furent ainsi trouvées par lui, puis discutées avec les autorités jusqu'à ce qu'il fut bien d'accord sur leur identité. A propos de Carex hostiana DC. cité dans Gray's Manual pour Miquelon il écrivait: « Le Frère Louis-Arsène avait soumis à Fernald des Carex qu'il avait nommés C. hostiana, mais je n'ai pas remarqué qu'il eut spécifié le type. C'est possible. Il y en a même qu'il appelait C. hostiana et qui pour moi ne l'étaient pas du tout ».

De même il avait difficilement admis le var. Lehorsii d'Habenaria orbiculata. Longtemps on avait classé cette plante sous Habenaria hookeri. « Je n'étais pas d'avis écrivait-il, mais de là à en faire une variété nouvelle il y a loin. Tout cela revient selon moi à une adaptation à un nouvel habitat, dans le cas actuel passage du sous-bois au plein air (lettre du 25 avril 1950).

Ceux qui un jour récolteront sur les pentes du Chapeau de Miquelon ou les mornes dénudés du Cap à l'Aigle des spécimens du var. Lehorsii d'Habenaria orbiculata pourront se référer à cette note de Mathurin Le Hors du 7 juillet 1950 :

« J'ai en herbier 4 genre de spécimens:

1° Feuilles rondes, 13 x 11 cm., posées à plat sur le sol, tige et inflorescence 43 cm., inflorescence: 10 cm. Grand bois de la Belle-Rivière.

2° Feuilles légèrement allongées, 11 X 17 cm., posées à plat sur le sol tige et inflorescence: 33 cm., inflorescence: 10 cm. Les Fourches, bois moins touffus que précédemment.

3° Feuilles légèrement allongées, 11 x 17 cm. , situées à 3 ou 4 cm de la base légèrement relevées au lieu d'être à plat sur le sol. Tige et inflorescence 28 cm., inflorescence, 5 cm. Pentes du Chapeau de Miquelon qui furent jadis boisées.

4° Enfin les spécimens du Cap à l'Aigle décrits dans Rhodora.

Il semblerait que toutes ces variations sont commandées par l'habitat. Les feuilles rondes et posées sur le sol dans les bois touffus s'allongent et se redressent dans les habitats plus éclairés. Le givrage des feuilles, très prononcé en sous-bois est très atténué à découvert ».

Dans une lettre (décembre 1946) Fernald avait exprimé à Mathurin Le Hors son avis sur cette plante décevante. « The so-called Habenaria hookeri is not that. Its flowers and inflorescence are those of Habenaria orbiculata. However it is not good orbiculata,, differing from that woodland plant in its more crowded inflorescence, finer venation of leaves, shorter spur and broader lip. I am calling it var. Lehorsii ».

Dès notre première visite sur le terrain du type constituant cette variété nous étions d'accord que cette région aujourd'hui sévère et nue avait été jadis boisée au moins par une forêt naine et que cette plante avait subsisté en s'adaptant de son mieux aux conditions nouvelles d'habitat en plein air. Ces remarques pourront peut-être contribuer à interpréter écologiquement ce que Fernald entend par « transitional forms on bare mountainous areas of Western Newfoundland ».

C'est en juillet 1944 que Mathurin Le Hors rencontra Fernald qui le retint à déjeuner. Ils avaient échangé quelques correspondances et à plusieurs reprises le Gray Herbarium avait reçu du matériel d'études. « Je viens de passer une journée bien intéressante, m'écrivait Le Hors le soir même. Quand on a su que je venais de la région terreneuvienne on m'a amené au professeur Fernald, un petit vieux à barbe blanche. Il a été tout de suite intéressé par ce que je lui apportais: le Juncus acutiflorus Ehrh., de Langlade. Laharpe mentionnait que de la Pylaie avait rapporté ce jonc de Terre-Neuve. Depuis personne n'en avait entendu parler. Aussi ce jonc va-t-il avoir l'honneur d'un entrefilet dans Rhodora ». Parmi les nombreuses et captivantes nouveautés de la flore Saint-Pierre-miquelonnaise effectuées d'une année à l'autre par Le Hors la découverte de Juncus acutiflorus dans la savane humide du fond de l'anse du Gouvernement le 23 juillet 1940 est sans conteste la plus sensationnelle puisque c'est l'unique localité connue pour l'Amérique du Nord. La plante, comme l'a remarqué le Frère Louis-Arsène dépasse assez notablement toutes les dimensions données par les flores européennes. A Langlade, elle atteint plus d'un mètre, se montre très vigoureuse par ses forts rhizomes. Peut-être encore une future forme ou variété.

Il est préférable de passer sous silence par discrétion et sérénité les nombreuses et parfois ridicules vexations dont Le Hors fut l'objet de la part de quelques uns de ses compatriotes pendant la dernière guerre. Je lui citais quelquefois pour l'encourager le célèbre vers du poète breton Jean Pierre Callo'ch: « nous sommes frères des rochers qui défendent la douce Bretagne ». Son patriotisme était sincère et solide, comme sa foi, mais il était d'une simplicité telle qu'il avait horreur de la vantardise. Un sourire de bonté éclairait ses yeux bleus: le pardon à travers un brin de malice y joignait la pitié.

Il savait accueillir chez lui les capitaines de chalutiers et les marins des bancs de Terre-Neuve. Et c'est bien rare s'il n'avait pas une bouteille de cidre à mettre sur la table. Il était hospitalier pour tous dans une cordialité qui enlevait toute gêne. Toujours prêt à rendre service il représentait volontiers les écoles libres aux examens officiels n'hésitant pas à ajouter ce surcroît de travail à ses occupations déjà bien absorbantes. Le succès de nos écoles lui tenait à coeur et bien que devenu ingénieur il était resté professeur dans l'âme. Rien ne le décourageait, pas même une certaine ingratitude.

Confident de ses soucis de famille, car le deuil (la perte de sa femme pendant la guerre) et maintes épreuves ne lui manquèrent pas, je dois avouer que l'étude de ses chères plantes lui fut un baume et un dérivatif, une échappée hors du cercle du petit train-train quotidien et des inévitables mesquineries.

En 1948, Mathurin Le Hors fut nommé directeur de la station de la Western Union à Saint-Pierre. Cette fonction à laquelle il accéda sans ambition lui valut quelques jalousies, mais elle couronnait de longues années d'un service loyal ininterrompu dans la compagnie. Malheureusement dès l'année suivante (novembre 1949) il fut mis à la retraite, la Western Union faisant de mauvaises affaires avait décidé de remercier ses employés de plus de 60 ans. Cette solution brusque et imprévue l'affecta beaucoup, mais il sut faire contre mauvaise fortune bon coeur.

Le Hors fit un dernier voyage en France au début de 1951. Son fils aîné Jean venait de passer avec succès son examen de Capitaine de la marine marchande. On lui offrait à Saint-Pierre le commandement d'un bateau de 400 tonnes qui devait faire du cabotage entre le Canada et Saint-Pierre et Miquelon. Mathurin Le Hors décida donc de retourner à Saint-Pierre devenu un peu nouveau pour lui parce qu'il vieillissait et que disparaissaient toutes les anciennes figures. C'est donc dans cette petite île si chère pour lui à bien des égards qu'il devait vivre sa dernière année au milieu d'une famille qui grandissait en l'appelant grand-père. Il avait eu la consolation de voir ses grands fils réaliser leur rêve de devenir capitaines au long cours et ses autres enfants bien instruits.

Aussi bien comptait-il pouvoir jouir d'une longue retraite. Il se rendait souvent, l'été surtout, dans sa coquette villa de Savoyard à proximité d'un grand étang et de la mer. Ce fut de courte durée, malgré les soins assidus des «  cousines » qui l'affectionnaient beaucoup en mémoire de M. Louis Hardy, le beau-père, homme de grand conseil et jugement.

Le 22 septembre 1952, Mathurin Le Hors succombait à une inflammation du pancréas, muni des sacrements de l'Église. Son fils Jean qui m'annonça plus tard la triste nouvelle naviguant dans les eaux canadiennes avait appris ensemble la naissance d'un second enfant et la mort de son père.

Pieusement convenait-il de déposer sur sa tombe cette modeste couronne qui doit être pour ses parents, ses amis, les botanistes qui l'on connu et apprécié le sincère témoignage d'une longue et indéfectible amitié.


Père C. Le Gallo, C.S.SP.

(Publié dans Le Naturaliste Canadien vol. LXXXII, n° 12, décembre 1955).





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