Mathurin Crucy


 

Architecte et urbaniste, né à Nantes en 1749, mort en 1826.


« Portrait de Mathurin Crucy «,
Jacques Sablet (1749-1803),
huile sur toile, 1798
(Collection particulière)

Fils d'un entrepreneur de bois de charpente, Mathurin Crucy fait des études à l'Académie royale d'architecture de Paris dès 1771. Lauréat du premier prix de l'Académie en 1774, l'élève de Jean Baptiste Ceyneray part à Rome pour quatre ans et y découvre les sites antiques, vite épris par « la simplicité, la pureté et l'élégance » de cette architecture qui va durablement l'influencer.


Le théâtre Graslin

À son retour à Nantes en 1779, il est sollicité comme expert, et de 1780 à 1800, en tant qu'architecte-voyer, il met en chantier l'aménagement du quartier Graslin, des cours (le Cours Cambronne), de l'île Gloriette et l'édification de plusieurs bâtiments publics : halles, bains publics, bourse et théâtre.


La coupole du théâtre Graslin

Crucy introduit le style néoclassique dans l'urbanisme nantais. En 1790, il élève l'hôtel Montaudouin, situé près des Cours, à Nantes, pour un riche armateur, Montaudouin de la Touche.


Façades néoclassiques du cours Cambronne



La Garenne Lemot

La Garenne Lemot (classée Monument Historique) est née du rêve inspiré d’un artiste épris d’Italie. Séduit par le paysage pittoresque des bords de la Sèvre Nantaise et aidé par des personnalités du monde des arts, notamment par les frères Cacault (nantais de la bourgeoisie montante et amateurs d'art, ceux-ci projetèrent de redévelopper Clisson, dévasté par les ravages républicains durant la guerre de Vendée, en mettant en synergie art et reconstruction), le sculpteur François-Frédéric Lemot (1771-1827), avec Mathurin Crucy, a réalisé à Clisson, au début du XIXe siècle, son idéal de paysage et d’architecture italiens.

Crucy est choisi par Lemot, sans doute sur les conseils de Pierre Cacault, pour participer à la création de son domaine clissonnais. Comme Lemot, il connaît bien la campagne romaine et son architecture rurale. Celle-ci sert de modèle à la maison du jardinier de la Garenne, réalisée par Crucy entre 1811 et 1815, l'un des chefs-d'œuvre de l'architecture rustique à l'italienne en France. Les premiers plans datent de 1808, mais il est difficile de savoir qui, du sculpteur ou de l'architecte, eut l'idée de s'inspirer de cette architecture si pittoresque. Les deux lauréats du Prix de Rome, l'un de sculpture, l'autre d'architecture, ont ainsi fourni à Clisson tout un répertoire de formes architecturales et de matériaux empruntés aux demeures d'Ombrie et de Toscane.


La maison du jardinier

La correspondance entre les deux hommes atteste de leur étroite collaboration pour l'édification du domaine : maison du jardinier, maison du portier, grande villa mais aussi fabriques du parc où la référence à l'antique est clairement affirmée : temple de l'Amitié (1809), obélisque (1812), temple de Vesta (1818).


La maison du portier

En 1821, les relations entre les deux hommes se détériorent. Mathurin Crucy, fatigué, se retire. Lemot charge alors l'architecte parisien Pierre-Louis Van Cléemputte de fournir les derniers plans d'exécution de la villa édifiée à partir de 1824.


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