Le Cantique des Créatures
ou
Cantique du Soleil

Durant l'automne 1225, épuisé par la stigmatisation et par la maladie, François s'était retiré à Saint-Damien. Presque aveugle, seul dans une cabane de roseaux que lui avait construite Claire, abattu par la fièvre, François composa ce chant d'amour qu'il fit monter vers le Père de toute Création.



Très-Haut, Tout puissant, Bon Seigneur,
à Toi louange, gloire, honneur,
et toute bénédiction,
à Toi seul, ô Très-Haut, ils conviennent,
et nul n'est digne de dire ton nom.

Loué sois-tu mon Seigneur,
avec toutes tes créatures,
et surtout Messire frère Soleil,
lui, le jour dont tu nous éclaires,
beau, rayonnant d'une grande splendeur,
et de toi, ô Très-Haut, portant l'image.

Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour soeur la Lune et les étoiles
que tu as formées dans le ciel,
claires, précieuses et belles.

Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour frère le Vent,
et pour l'air et le nuage et le ciel clair
et tous les temps par qui tu tiens en vie
toutes tes créatures

Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour soeur Eau, fort utile,
humble, précieuse et chaste.

Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour frère Feu, par qui s'illumine la nuit,
il est beau, joyeux, invincible et fort.

Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour soeur notre mère la Terre
qui nous porte et nous nourrit,
qui produit la diversité des fruits,
et les fleurs diaprées et l'herbe.

Louez et bénissez mon Seigneur,
rendez-lui grâces et servez-le,
tous en toute humilité!





Une avant-dernière strophe, hymne au pardon et à la paix, fut ajoutée en juillet 1226, au palais épiscopal d'Assise, pour mettre fin à une lutte acharnée entre l'évêque et le podestat de la ville. Ces quelques vers de l'apôtre de la paix suffirent à empêcher la guerre civile.

Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour ceux qui pardonnent par amour pour toi,
qui supportent épreuves et maladies,
heureux s'ils conservent la paix, car par toi,
Très-Haut, ils seront couronnés.


Quand à la dernière strophe enfin, c'est pour accueillir par un chant la mort que François l'a composée au début d'octobre 1226.

Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour notre soeur la Mort corporelle
à qui nul homme vivant ne peut échapper.
Malheur à ceux qui meurent en péché mortel,
heureux ceux qu'elle surprendra faisant ta volonté,
car la seconde mort ne pourra leur nuire.


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